09.09.2006
La parole à: CFTC Action-Police
BLOG : Tout d'abord, pouvez-vous brièvement vous présenter ?
Jean-Christophe CARME (Président CFTC Action Police) : Je suis âgé de 38 ans, je suis marié et père de famille de 3 enfants. Je suis rentré dans la police en 98 dans la logique de ma carrière précédente dans la sécurité privée. J'ai été affecté au commissariat central de Clignancourt dans le 18ème arrondissement pendant 3 ans puis à celui de Belleville dans le 11ème pendant près de 2 ans. Mon engagement syndical date de 2001, je suis gardien de la paix.
Michel THOORIS (Secrétaire Général CFTC Action Police) : J'ai 26 ans, je suis gardien de la paix. J'ai été affecté à la Brigade des chemins de fer (police aux frontières) puis à la PJ Gare du Nord. Mon engagement syndical à la CFTC date des élections professionnelles 2003 où alors membre du SNPT, ma section et moi-même avons fait le choix de rejoindre la CFTC, qui nous semblait être le syndicat le plus à même de répondre au critère d'indépendance politique.
BLOG : Justement, en une phrase, définissez ce qui motive votre adhésion à la CFTC Police.
JCC : L'alternance aux majors de la fonction publique et l'indépendance de la CFTC.
MT : Les valeurs familiales, la morale sociale chrétienne et le besoin d'une alternative syndicale authentique.
BLOG : Pouvez-vous nous décrire les dernières actions menées par votre syndicat ?
MT : La CFTC Action Police a organisé, cet hiver et cet été, l’opération "les camionnettes du cœur Action Police" consistant à apporter des rafraîchissements et des cafés à nos collègues en garde statique et à échanger quelques mots avec eux.
JCC : De même, nous nous sommes déplacés sur des points chauds, émeutes en banlieue, manif anti-CPE, coupe du Monde pour soutenir nos collègues affectés au maintien de l'ordre. Nous avons d'ailleurs apporté un soutien juridique à des collègues mis en examen durant les émeutes. Notre avocat, le ténor du Barreau, Gilbert COLLARD, nous a d'ailleurs bien épaulés. Aujourd'hui, nous sommes de mieux en mieux implantés dans tous les commissariats.
BLOG : En ligne de mire, bien sûr, pour la CFTC Action Police, les élections du 20 au 23 novembre 2006. Où comptez-vous présenter des listes ? Quels sont les résultats visés ? Quel programme comptez-vous développer ?
JCC : Nous comptons présenter des listes dans tous les corps d'actifs aussi bien qu'administratifs. Précédemment, nous faisions un score de 0,32 %. Grâce au renouvellement de nos équipes et un bon quadrillage du territoire, nous visons au minimum un pourcentage de 3 %, ce qui représente 3 000 voix.
MT : Le message que nous souhaitons délivrer est que la défaillance de la mission de service public de la Police Nationale aboutit à une privatisation de la sécurité, j'en prendrais un exemple frappant qui sont les installations de sécurité haut de gamme de plus en plus fréquents dans les copropriétés huppées. Ceci conduit, indéniablement, à une dérive à l'Américaine. Nous proposons une alternative, celle d’une Police Nationale recentrée sur ses missions régaliennes, une police de proximité tolérance zéro, une police réinvestissant les zones de non-droit, qui soit dissuasive, pas seulement préventive et répressive si nécessaire. Cette conception est d'ailleurs partagée par la majorité de nos collègues.
BLOG : Pourtant, ces arguments sont à rebours de la réalité représentative des syndicats policiers.
MT : Les syndicats majoritaires ont bâti leur fond de commerce sur du clientélisme et sur la délivrance d'avantages divers et variés catégoriels qui vont à l'encontre de l'intérêt commun. D'ailleurs, nos collègues et il ne s'agit pas là d'un jugement de valeur, même s'ils sont usagers de ce genre de pratique, ne sont pas dupes de leur pérennité. Ce qu'on leur propose, c'est de sanctionner ce système en 2006. Le tableau n'est guère brillant : révocations en constante augmentation depuis 2002, les suicides sont en progression, les sanctions administratives pleuvent sur nos collègues.
JCC : Un point sur lequel je voudrais insister, c'est la réorientation de nos missions. Nos collègues en ont plus que ras le bol d'être des carnets à souche pour des contraventions automobiles. Ils en ont marre des pressions à la contravention, le rôle d'un policier n'est pas celui d'un collecteur d'impôts. Qui plus est, cela crée un fossé entre la population et la police et cela brouille auprès du public les enjeux de notre mission.
BLOG : Si un certain nombre de voix, ce que j'espère pour vous, se porte sur vos listes lors de ces élections, pouvez-vous nous donner quelques exemples de mesures concrètes que vous souhaiteriez mettre en œuvre ?
MT : Nous demandons la création de chèques vacances, de l'attribution de tickets restaurant, une carte de réduction de 75 % sur les trajets SNCF (comme en bénéficient nos amis militaires). La création de crèches et l'accroissement d'un parc immobilier réservé à la police hors zones sensibles. Et au risque de me répéter, la réorientation de nos missions sur la lutte contre la délinquance.
BLOG : Vous nous dites que vous serez présents partout mais qu'en est-il chez les commissaires ?
JCC : Et oui, c'est un scoop, alors que seules deux organisations syndicales : le SCHFPN (90 % des voix) et l'UNSA (10 % des voix) étaient présentes chez les commissaires, la CFTC POLICE présentera bien une liste.
BLOG : Vous avez fait l'objet récemment, d'une campagne de dénigrement basée sur un discours pour le moins abject. Pouvez-vous nous en dire plus ?
MT : Nous avons subi des pressions de la part d'un obscur syndicat de la Fonction Publique, qui nous a accusé d'être manipulés par les services secrets israéliens (rien que ça !) en raison de nos prises de positions dans l'affaire de la descente rue des Rosiers de "la tribu KA". Cette campagne semble avoir été instrumentalisée par des personnes inquiètes de voir la progression de la CFTC POLICE, tout en prétendant servir la CFTC, comprenne qui pourra… Néanmoins, loin de nous affaiblir, ce type de manœuvre a contribué à souder notre cohésion interne et nous a valu un nombre conséquent de messages de soutien. Il convient de souligner d'ailleurs, que le tract en question a atteint des sommets d'ignominies dans des termes qui nous semblent incitatifs à la haine raciale tant et si bien que le "Bureau National de Vigilance contre l'antisémitisme" s'est porté partie civile dans cette affaire.
BLOG : Le mot de la fin.
MT : Nous espérons par notre réussite, rendre sa place, toute sa place légitime, toute son audience à la CFTC injustement absente du paysage syndical au sein de notre service public et par là même, participer à la nécessaire rénovation de la CFTC de la Fonction Publique.
JCC : Pour citer Guillaume D'ORANGE "Là où il existe une volonté, il existe un chemin".
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