06.08.2006

Morale sociale Chrétienne

La commission sociale des évêques de France a invité les responsables de la société à réfléchir à trois enjeux majeurs : l’importance du même jour de repos pour tous ; les exigences de la vie familiale et de la convivialité sociale ; le sens de l’homme libre et ouvert à la gratuité. « Le repos du dimanche manifeste que l’homme ne se réduit pas à ses activités économiques : produire, échanger, consommer. Un jour de liberté et de repos permet de s’arrêter, de prendre de la distance par rapport au quotidien, de se recueillir, de se refaire, de ressaisir son existence. L’homme est appelé à maîtriser le temps, non à s’y dissoudre » (déclaration du 26 mai 2003)...

04.08.2006

On se lève tous contre le projet Karoutchi

Ouverture le dimanche: CFTC et CGT dénoncent la proposition de loi

PARIS, 3 août 2006 (AFP) - La CGT et la CFTC dénoncent jeudi dans
deux
communiqués la proposition de loi de quatorze sénateurs UMP visant à
libéraliser l'ouverture des commerces le dimanche.
Le gouvernement "se met au service du patronat des grands groupes de
distribution" et veut faire subir aux salariés du secteur "une
véritable régression sociale", proteste la fédération CGT du commerce et des
services.
Cent ans après son instauration, "il tente d'effacer le principe du
repos dominical pour le remplacer par un repos par roulement",
dénonce-t-elle, rappelant que la France "est déjà le pays d'Europe où
l'amplitude d'ouverture des commerces est la plus élevée".
La CGT commerce et services "appelle à la mobilisation" et "entamera
dans les prochains jours des démarches auprès des autres syndicats pour
organiser ensemble une riposte d'envergure et agir auprès des
parlementaires et du gouvernement".
Dans un communiqué séparé, la CFTC dénonce également cette
proposition de loi qui "complexifie un peu plus notre droit et ouvre la porte à une
multitude de contentieux".
Pour la confédération, "ce débat pose clairement un vrai choix de
société entre les partisans de la banalisation du dimanche qui
considèrent que la consommation et la production priment sur la vie sociale" et
"ceux qui estiment que l'équilibre des personnes et de la société toute
entière passe par un temps où la vie économique est entre parenthèses".
Le sénateur Roger Karoutchi et treize de ses collègues du groupe UMP
ont déposé fin juillet une proposition de loi au terme de laquelle les
maires seraient habilités à autoriser l'exercice, tout au long de l'année,
d'une activité de commerce de détail le dimanche, et à porter à dix par an,
au lieu de cinq, le nombre de dimanches ouvrables pour les grandes
surfaces.
ber/ed/Glk
AFP
Dépêche reprise notamment par les quotidiens : La Croix, La Tribune,
L'humanité.

Choix de société

medium_poceb.jpgLa CFTC s'étonne de voir M. Roger Koroutchi et treize autres sénateurs UMP, déposer une proposition de loi visant à libéraliser l'ouverture des magasins le dimanche, quelques jours après que leur collègue de parti le Ministre Renaud Dutreil ait rappelé que l'ouverture des grandes surfaces le dimanche aurait pour conséquence la destruction de plusieurs centaines de milliers d'emplois.

La lutte contre le chômage est-elle pour eux une priorité ?

La CFTC constate qu'alors que l'on parle de simplification des textes, la proposition de M. Roger Karoutchi complexifie un peu plus notre droit et ouvre la porte à une multitude de contentieux.

Comment par exemple apprécier pour les magasins de plus de 50000 m2 ; « le rayonnement économique » qui dépasserait celui de la seule commune concernée, ce qui ferait passer le pouvoir d'autoriser l'ouverture dominicale du maire au préfet.

Pour la CFTC, ce débat pose clairement un vrai choix de société entre

- les partisans de la banalisation du dimanche qui considèrent que la consommation et la production priment sur la vie sociale ;

- et ceux qui estiment que l'équilibre des personnes et de la société toute entière passe par un temps où la vie économique est entre parenthèses, pour favoriser la vie familiale, personnelle, associative, culturelle et spirituelle.

31.07.2006

Le bon sens

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Commerçants et artisans, le bon sens près de chez vous

L'UPA contre l'ouverture généralisée des magasinsle dimanche.

L'union professionnelle artisanale estime  que les règles actuelles "garantissent une concurrence équitable entre les différentes formes de commerce". Pour elle, "considérer que le pouvoir d'achat des français est extensible […] est une flagrante erreur : toute ouverture supplémentaire serait compensée par une baisse de consommation à d'autre périodes de la semaine ou auprès d'autres catégories de commerces". Enfin, l'UPA rappelle que : "à chiffre d'affaire égal, les artisans et les commerçants de proximité emploient trois fois plus de personnel que la grande distribution".

Source La Tribune

Rome est toujours dans Rome

Le travail du Dimanche n'enrichit pas.
(Proverbe italien) [proverbe italien]

29.07.2006

1906

Un siècle de dimanche reposant
A l'occasion des 100 ans de la loi de 1906 instaurant le repos dominical, l'historien Robert Beck revient sur sa genèse et sa remise en cause récurrente.
Par Sonya FAURE
QUOTIDIEN : Samedi 15 juillet 2006 -

Il y a cent ans, le 13 juillet 1906, la loi sur le repos hebdomadaire était promulguée. Elle accorde aux salariés de l'industrie et du commerce un repos de 24 heures après 6 jours de travail. L'article 2 de la loi fixe ce repos hebdomadaire au dimanche. Robert Beck, auteur d' Histoire du dimanche : de 1700 à nos jours (1) et professeur au Centre d'histoire de la ville moderne et contemporaine (Cehvi), à l'université de Tours, revient sur la loi de 1906 et son devenir.



En 1906, instaurer le dimanche comme jour de repos n'est pas nouveau... Qu'apporte de plus la loi ?
A partir de la loi de 1906, le congé du dimanche n'a plus rien de religieux. Une «loi pour la sanctification du dimanche» avait effectivement été promulguée en 1814, mais elle était tombée en désuétude puis définitivement abolie par une loi de 1880. En 1906, on réinvente le dimanche dans une perspective laïque. La loi repose sur deux valeurs nouvelles, inventées au XIXe siècle : le repos et la famille. Dans les entreprises ou les secteurs où le travail du dimanche est la règle, les salariés sont usés et donc plus souvent exemptés de service militaire. Or, à cette époque, les gouvernements ne peuvent prendre le risque d'armées dépeuplées. Le sujet de la fatigue apparaît alors. Comme celui de la dépression, qu'on appelle encore mélancolie, ou de la tuberculose et de l'alcoolisme ouvrier, considérés comme deux fléaux. La préoccupation de la famille, elle, rejoint une vieille inquiétude des élites : comment le peuple vit-il son temps libre ? On attribue alors un rôle capital à la femme, qui doit préparer un bon foyer à son mari... et lui faire perdre l'envie d'aller au troquet. Le mouvement ouvrier lui-même entre dans ce discours : en 1912, des affiches de la CGT pour la «semaine anglaise», dont le samedi après-midi et le dimanche sont fériés, montrent une vie familiale idyllique où des enfants cueillent des fleurs avec leurs parents... Autre point souvent méconnu : ce ne sont pas les ouvriers qui ont porté la loi de 1906. A cette époque, ils avaient déjà bien souvent obtenu le congé hebdomadaire dans les usines ou les ateliers. En fait, c'est le mouvement des employés du commerce, né dans les années 1890 avec les grands magasins, qui s'est mobilisé. L'espérance de vie se limitait à moins de 40 ans chez 45 % des employés et des coiffeurs. Ils organisent des manifestations, soutenues par la CGT et le mouvement ouvrier, et rassemblent par exemple 3 000 personnes à Bordeaux. C'est finalement sous la pression de la rue que le Sénat vote la loi de 1906, première victoire sociale des employés.
Mais la France est à la traîne...
Elle est l'avant-dernier pays européen à introduire le repos hebdomadaire. L'Italie le fera en 1907. En Angleterre, au contraire, le samedi après-midi et le dimanche fériés sont introduits dès le deuxième tiers du XIXe siècle. Ce n'est pas par hasard que «week-end» est un mot anglais... Notons aussi qu'en France les domestiques et les travailleurs agricoles sont exclus de la loi de 1906. Le repos dominical s'imposera en fait définitivement après la Première Guerre mondiale. La journée de 8 heures est introduite en 1919 : en permettant aux ouvriers de faire leurs courses en semaine, elle va consolider le repos dominical. En 1936, avec la semaine de 40 heures, le dimanche va commencer son entrée dans le «week-end»... Même si les 40 heures sont en réalité assez théoriques : dans les années 50, les ouvriers travaillent encore 46 ou 47 heures en moyenne par semaine. On est en plein dans les Trente Glorieuses et les entreprises ont besoin de main-d'oeuvre. Il faudra attendre la fin des années 60 et la crise économique des années 70 pour que le week-end s'impose vraiment.
Jusqu'à la remise en cause du dimanche chômé aujourd'hui ?
Encore une fois, la question se joue plus dans le commerce que dans l'industrie. Un discours néolibéral, qui porte une régression des acquis sociaux, rencontre une attente d'une certaine clientèle, essentiellement parisienne. C'est peut-être dû à la structure familiale (il y a plus de célibataires à Paris), au niveau de vie plus élevé ou à un mode de vie plus consumériste. Peut-être aussi à une sorte de vide. Aller dans un magasin le dimanche marque, d'une certaine manière, la fin de sociabilités personnelles. Mais contrairement à ce qu'on entend ici ou là, on ne peut pas parler de désacralisation du dimanche. La preuve : les activités du samedi ­ ménage, bricolage ­ sont différentes de celles du dimanche : on regarde la télévision, les repas sont plus longs... Et une vieille activité dominicale a demeuré malgré les vicissitudes historiques : la promenade. En 1906, on lui attribuait des bienfaits pour la santé morale et physique de l'ouvrier. Elle avait aussi le mérite d'éviter les dépenses inutiles.
(1) Les Editions de l'Atelier, 1997

28.07.2006

Fleuret moucheté

medium_duel.2.jpgPIERRE LELLOUCHE/JOSEPH THOUVENEL

Les magasins doivent-ils ouvrir le dimanche ?

Alors que le repos dominical fête ses 100 ans, le député UMP Pierre Lellouche vient de déposer une proposition de loi pour y mettre fin. Joseph Thouvenel, le secrétaire générai adjoint de la CFTC, s'y oppose au nom de la vie familiale, spirituelle et associative... Débat sur un choix de société à l'Ernest Bar du Lutetia.

VSD du 26/7/07

Paul Wermus. Vous venez de déposer une proposition de loi sur l'ouverture dominicale.

PIERRE LELLOUCHE. Il y a trois raisons qui m'ont amené à proposer ce texte : l'évolution des modes d'achat et des besoins ; le fait qu'une grande ville touristique comme Paris doit s'adapter à la réalité économique du monde ; la relance de la consommation et la création d'emplois entraînée par l'ouverture dominicale.

JOSEPH THOUVENEL. Les Anglais disent : « Le dimanche, c'est fait pour s'asseoir sur un canapé, pas pour aller l'acheter. »

P. L. Que les syndicalistes aillent trouver leur modèle en Grande-Bretagne me fait bien rire. Vous menez une bataille d'arrière-garde. Si une famille décide de faire son shopping ce jour-là, rien ne doit s y opposer.

J. T. Selon une étude du ministère des Finances et de la Banque de France, les grandes surfaces cannibalisent le petit commerce et créent moins d'emplois.

P. L. Faux. Une zone commerciale comme le boulevard Haussmann à Paris est la première d'Europe et attire plein de gens. Tout le monde en profite... Quand je vais à New York ou à Tokyo, je vois tout le monde travailler le dimanche. Ça produit de la richesse et favorise la consommation.

J. T. Et demain, quand les commerces des centres-villes seront fermés, faudra-il payer un impôt supplémentaire pour amener les personnes âgées dans les grandes surfaces ? Même Renaud Dutreil, membre du gouvernement que vous soutenez, pense que cela ferait disparaître des centaines de milliers d'emplois.

P. L. Que Dutreil descende de chez lui le dimanche matin, qu'il oublie sa voiture aux vitres fumées et ses gardes du corps.

J. T. La loi pose le principe du repos dominical et des exceptions, comme les marchés traditionnels ou les petits commerces du dimanche matin (fleuristes, bouchers ... ). Il y a dans la loi cinq dimanches par an qui sont ouvrables au choix des grandes surfaces.

P. L. Tout d'abord, je ne suis pas l'avocat des grandes surfaces. Enfin, la loi actuelle, avec ses multiples dérogations, est un maquis où l'arbitraire l'emporte souvent. Ainsi, pourquoi, à Paris, le quartier du Marais (3e et 4e) est-il reconnu comme zone touristique et pas le 7e arrondissement ? Pourquoi telle grande surface est-elle ouverte et telle autre fermée ? À Paris, c'est le préfet qui décide et en province, ce sont les maires.

P. W. Mais il y a bien une loi...

P. L. Le principe du repos dominical, ancré dans la religion, date de 1906. La loi dit qu'après six jours de travail, les exigences de santé et de sécurité obligent à une journée de repos. La loi française parle du dimanche, mais pas la loi européenne.

J. T. Ce que je défends, c'est une civilisation qui impose un équilibre dans la société, privilégiant l'individu, le bien commun, la famille et le repos hebdomadaire.

P. W. Que disent les sondages ?

P. L Trois Français sur quatre sont favorables à l'ouverture dominicale.

J. T. Mais 75 % des Français ne veulent pas travailler ce jour-là, c'est une légère contradiction...

P. L. Mon objectif, c'est que les 25 % qui souhaitent travailler le dimanche puissent le faire.

J. T. Je ne veux pas que Paris soit à l'image de Londres ou Tokyo. Soyons fiers de notre art de vivre.

P. W. Fait-on réellement de bonnes affaires, le dimanche ?

P. L. Les commerçants des galeries marchandes d'Usines Center, par exemple, réalisent 35 % de leur chiffre d'affaires le dimanche... Et quand Vuitton va licencier soixante-dix personnes, irez-vous les défendre?

J. T. La justice nous a donné raison, ordonnant la fermeture de soixante-quatre Usines Center. La Fédération de l'habillement vient de remporter deux victoires... Ces magasins ont tué tous les petits commerces de leur zone.

P. L. Le droit actuel ne correspond plus aux besoins de la société. Le rôle du législateur est de faire évoluer la loi. Il faut un peu de liberté et beaucoup de bon sens !

J. T. Je préfère la liberté de passer un dimanche en famille ou entre amis et beaucoup de bonheur !

Pierre Lellouche • 55 ans • Etudes de droit • député UMP de Paris. • A publié "La République immobile". • Père de trois enfants. • Loisir : la plongée et l'archéologie sous-marines.
 

Joseph Thouvenel • 48 ans. • Licence de droit. • Manœuvre, agent de nettoyage, gardien de nuit, militaire, cadre sur les marchés financiers... • Milite à la CFTC depuis 1980. «Marié, deux enfants. • Loisir : la course.

 

21.07.2006

Une bannière, un site

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16.07.2006

A lire

Au sommaire du "Pélerin" du 13 juillet 2006 un article sur le tavail du Dimanche